Le
CPE ou qu’est-ce qu’on attend pour
être heureux ?
L’ambiance est
à la morosité. Il n'y a qu' à voir ces dernières
semaines, dans les media, les conversations… et même
sur le forum des JAE !
On peut comprendre certaines incertitudes. Celle de l’étudiant
qui se dit juste avant l’examen « et si je rate ».
Mais ici c’est plutôt la peur d’un dérapage
général. Sur le forum, vous étiez pour ou contre
le CPE, souvent nuancés… mais derrière vos lignes,
on vous sentait inquiets de ne plus comprendre, de ne plus savoir quoi
penser, comme si les termes du vrai CPE -le Contrat Pour l’Existence-
n’étaient plus clairs…
C’est dans ce contexte que la liturgie de Pâques nous a
fait entendre : « Vous cherchez Jésus de Nazareth,
le Crucifié ? Il est ressuscité : il n’est pas ici
» (Mc 16, 6). Tout cela sans transition
bien sûr… Alors puisque la foi nous invite à chercher…
ailleurs, comment comprendre cet événement ? En quoi peut-il
changer notre Contrat Pour
l’Existence ?
Benoît XVI,
dans son homélie de la veillée pascale nous dit que la
résurrection est «la plus grande « mutation »,
le saut absolument le plus décisif dans une dimension totalement
nouvelle qui soit jamais advenue dans la longue histoire de la vie et
de ses développements : un saut d’un ordre complètement
nouveau, qui nous concerne et qui concerne toute l’histoire».
Ce qui a permis cette mutation ? C'est que Jésus n’a
jamais été seul, sorte de moi renfermé
sur lui-même. Sa vie a été celle d’une «
communion existentielle avec Dieu et un être incorporé
en Dieu, et c’est pourquoi cette vie ne pouvait pas lui être
véritablement enlevée ».
Mais comment
cet événement peut-il effectivement m’arriver et
attirer ma vie vers ce « monde nouveau qui, en partant
du Christ, pénètre déjà continuellement
dans notre monde, le transforme et l’attire à lui »
? La foi fait croire qu’un tel événement nous rejoint
à travers le Baptême, qui n’est pas qu’une
«sorte de purification et d’embellissement de l’âme.
Il est vraiment mort et résurrection, renaissance, transformation
en une vie nouvelle ».
Là est notre vraie sécurité. Vu comme cela le
baptême renforce notre identité: « je
vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en
moi» (Ga 2, 20) ou « la vie
chrétienne, c’est de continuer et d’accomplir la
vie de Jésus-Christ » (St Jean Eudes).
Tout cela donne-t-il
toutes les solutions du contrat de la vie ? Chacun voit que non. Mais
ce serait dommage de se priver de cette entrée dans un espace-temps
nouveau, là où même la précarité peut
prendre le goût de la vie éternelle, quand elle est vécue
dans l’esprit des Béatitudes. Chacun devine qu’à
force d’avoir peur de rater sa vie, on ne vit plus. Ce
bonheur enraciné en Dieu nous est déjà tout donné,
à nous de le VIVRE !