Face
à ma table jonchée de notes de cours,
cerné par quelques piles de bouquins, la tête appuyée
sur la main, je suis là vissé à ma chaise depuis
l’ouverture de la bibliothèque ce matin. Il y a de fortes
chances que j’y sois encore jusqu’à la fermeture…
Aujourd’hui comme hier, je ne me
permettrai que peu de diversions, une simple pomme en guise
de déjeuner, et quelques cafés pour surchauffer les neurones.
Autour de moi, l’ambiance est étonnante : le temps
semble comme suspendu, figé. Seules les aiguilles du cadran donnent
un mouvement à la scène. J’observe mes congénères,
pris eux-aussi dans le silence de cette bibliothèque. Chacun
s’affaire à ses lectures, à ses fiches de révision,
tel de méticuleuses abeilles qui s’empressent d’engranger
quelque nectar de connaissances en vue de l’épreuve à
venir. Car en ce mois-ci, ce qui m’habite, voire m’envahit,
ce sont ces fameux examens. D’autres les appellent partiels ou
concours selon le cas. Je suis comme tendu vers cet événement
qui surviendra bientôt, trop tôt et trop tard à la
fois. Tout le reste, les amis, les bons plans, les scouts – bref
tout ce qui n’est pas révision – est en attente :
« on verra après les exams » comme je dis si souvent
en ce moment. Je ne sais pas si je joue ma vie ce moi-ci
– certainement pas tant que ça – mais je joue tout
de même quelque chose d’une possible carrière, quelque
chose de la place que j’entends tenir un jour dans la société.
Quoiqu’il en soit il y a toujours ce souffle en moi qui me porte
de l’avant. Ce souffle c’est celui de l’Esprit de
Dieu, l’Esprit qui travaille en chacun. Car lui n’attend
pas les examens de janvier pour se mettre à l’œuvre
! J’en connais qui rendent Dieu responsable de leurs succès
ou ratés aux examens. Comme s’ils étaient dispensés
de bosser ! Saint Jean Eudes disait à peu près ceci :
« travaille de ton côté comme si tu n’attendais
rien de la part de Dieu, mais considère ton travail en attendant
tout du seul amour de Dieu » (cf. OC I, 242). Dans mes
journées interminables en bibliothèque, je crois que je
devrais me remettre un peu plus dans les mains de Dieu. C’est
aussi pour cela que j’apprécie les
rencontres des dimanches soirs à la paroisse eudiste de Paris
: échanger avec d’autres jeunes sur ma foi, m’interroger
sur la vie, ça aide à « attendre tout du seul amour
de Dieu »… et à mieux se mettre au travail ! Et toi visiteur, comment se passent tes révisions ? comment
ça joue sur ta vie « spi », et ta vie tout court
? Laisse tes commentaires
sur le forum.